Lundi 8 mars 1 08 /03 /Mars 21:40


LE PAQUEBOT LAFAYETTE
Le paquebot LAFAYETTE est moins connu que ses contemporains mais il mérite de retenir notre intérêt.En effet, autant le FRANCE que l'on appelait le Versaille flottant, représentait le summum de la tradition des paquebots du début du vingtième siècle, autant le LAFAYETTE a représenté le modernisme et l'art-déco.
Mon grand père y a navigué comme barman du 29 novembre 1932 au 02 août 1933.

LAFAYETTE-PAVOISE.jpg

 

Fiche technique

Lafayette (paquebot ) 1930 - 1938
materiau de la coque : ............
acier
anciens noms du navire : ..........
type de navire : ..................
paquebot à classe unique en acier
type du propulseur : ..............
4 hélices
année de construction du navire : .
1929
nom du chantier de construction : .
Chantiers & Ateliers de St Nazaire
lieu de construction : ............
Penhoët
Année d'entrée en flotte : ........
1930
Longueur (en mètres) : ............
175,00
Largeur (en mètres) : .............
23,64
Jauge brute (en tonneaux) : .......
25178
Port en lourd (en tonnes) : .......
9250
Type de moteur : ..................
4 moteurs M.A.N. à 2 temps double effet 6 cylindres
Puissance du moteur (en chevaux) :
18000
Vitesse en service (en noeuds) : ..
18

 Le-Havre-copie-1.jpg


Histoire

 

LAFAYETTE aura une carrière très courte. Premier grand paquebot à moteur de la Compagnie, très moderne de style, il est mis en service sur la ligne Le Havre-New York le 17 mai 1930.
Il effectue régulièrement des croisières au départ de New York vers les Antilles et les Bermudes. Ses voyages au Spitzberg à partir du Havre ont inspiré le romancier Roger Vercel.
Le 31 août 1936 il aborde et coule par brume épaisse, au large des côtes américaines, le cargo anglais BEN MAPLE (ex français SNA 1).


Le 4 mai 1938 à 21 heures un incendie se déclare à l’allumage d’une chaudière de service, alors qu’il se trouve en carénage dans la grande forme de radoub du Havre. L'incendie prend rapidement des proportions considérables et toute intervention doit être abandonnée. L'épave est sortie de cale sèche le 25 mai 1938 et conduite à quai. Vendue à la démolition elle quitte Le Havre le 10 juin 1938 pour Rotterdam.

 incendie-6.jpg
Le LAFAYETTE après l'incendie



1932 - Etiquette de la traversée de l'équipe de France

La France, qui avait renoncé aux Jeux de 1904 à Saint-Louis à cause de la complexité du déplacement, participa donc à ceux de Los Angeles. Une véritable expédition. Après la traversée avec le paquebot La Fayette , sur lequel les athlètes bénéficiant de menus spéciaux, continuaient de s'entraîner, il fallut traverser les États-Unis en train. Une longue marche marquée par de magnifiques haltes musicales dans les gares, en attendant le village olympique en préfabriqué...

 

Collision

Une collision sur le fleuve au large du Bic

Le Lafayette et le Benmaple se sont frappés lundi matin - Dans la brume. - Le fréteur a sombré. - Une perte de vie et quelques blessés.

Le paquebot français Lafayette de la compagnie Générale transatlantique, est entré en collision lundi matin, 31 août, avec le fréteur Benmaple, de Port Colborne & St-Lawrence Navigation Co. L’accident s’est produit au milieu d’une brume épaisse, au large de l’île Bicquet, à cinq milles en amont du Bic, à vingt-cinq milles environ de la Pointe-au-Père, théâtre, il y a vingt-deux-ans, de la pire tragédie dont nos annales fassent mention: le naufrage de l’Empress of Ireland à la suite d’une collision en pleine nuit avec le Storstad.

Cette fois-ci, les rôles étant inversés, c’est le fréteur qui a sombré et il s’est écoulé assez de temps entre la collision et le naufrage pour que l’on portât secours aux marins et passagers du plus petit navire.

Ontario, qui se trouvait, les uns disent sur une des passerelles, les autres, couché dans sa cabine, fut coincé et broyé à mort lors du choc. Trois autres Pas à tous malheureusement. Un des timoniers Jack Dichey, 27 ans, de Cumingwood, membres de l’équipage, Lebrun, le second capitaine, Gordon Boyce et Thomas Clarke, mateliots furent blessés, le premier à la figure, le second au bras, cependant le troisième s’en tirait avec des contusions.

Le drame s’est déroulé à 5 heures moins cinq minutes du matin, un lundi. Le Lafayette, 25,178 tonneaux, était parti de New-York dimanche matin; avec 511 passagers, dont 496 de croisière, et se dirigeait vers Québec. Le Benmaple, 1,278 tonnes, en route de Montréal à Sydney, avait à son bord quatre passagers seulement et quinze membres d’équipage.

À bord du cargo se trouvaient les passagers Madame Lily Burdg, M. John Cavanagh, Madame Cavanagh et Madame Tellie Splan. Les marins: le capitaine F.-R. Johnson, le 2e capitaine Lebrun, Le Lt Manuel Galops, W. Flatcher, mécanicien, Ernest Powell, 2e mécanicien, Alex McCormik, matelot, Stanley Lyon, matelot, Gordon Boyce, matelot, Joseph Massey, veilleur, Thomas Clarke, veilleur, L. Tucker, graisseur, Karl Lelly, chauffeur, Hartriaves, cuisinier, J. Mitchell, 2e cuisinier et Jack Dickey, timonier.

Depuis deux heures du matin, le Lafayette dans la brume faisait crier sa sirène. Le pilote Withelm Langlois, qui monta à bord à la Pointe-au-Père, a déclaré qu’il n’avait entendu aucun signal du Benmaple D’après des témoins de la tragédie, les navires se frappèrent à la proue. Comme question de fait, le Benmaple se serait jeté sur le Lafayette. Sa passerelle fut arrachée et le timonier Jackie, qui s’y trouvait, fut coincé entre les deux navires et fut tué instantanément.

Deux chaloupes à la mer

Le commandant du Lafayette M. William Vogel, ordonna aussitôt de mettre deux chaloupes à la mer, dont l’une avec moteur. On porta d’abord secours aux femmes, qui furent transportées en chemise de nuit puis aux matelots. L’arrêt au large de l’île Bicquet se prolongea pendant trois heures et cinq minutes.

Le navire coulé

Le capitaine du Benmaple, F.R. Johnson, ne voulait pas quitter son commandement tant que l’on aurait pas retrouvé Dickey. Mais on avait la preuve que celui-ci était mort. Peu de temps après que Johnson fut descendu du cargo ce dernier coula dans soixante brasses d’eau. Les passagers du Lafayette en eurent à peine connaissance tant la vision était mauvaise.

Deux médecins

Le It-co. François Paul de Martigny, médecin de Montréal, qui revenait de France où il avait accompagné les pèlerins de Vimy, aida le Dr. Guy Faure, du paquebot français, à donner les premiers soins.

Le paquebot repart

Le Lafayette reprit ensuite sa marche, pas sa course car lors de l’accident il ne faisait qu’un nœud et demi à l’heure, presque l’immobilisation complète, et c’est seulement vers quatre heures de l’après-midi qu’il reprit son allure normale. La nouvelle de cet accident a causé une profonde émotion à Québec. Dimanche midi, le Benmaple passait devant la ville. Quant au Lafayette une cinquantaine de ses passagers étaient des Québécois, qui avaient fait la dernière croisière organisée par le journal l’Événement. Il y avait aussi de nombreux Montréalais.

Le navire de la “Transat” (C’est ainsi qu’on appelle le Compagnie Générale Transatlantique) était attendu dans le port de bonne heure lundi matin et, au commencement de la soirée, il devait repartir pour l’Europe avec de nombreux passagers, dont les membres du pèlerinage de l’Action Catholique à Lourdes.

Le Service des Signaux eut fort à faire pour renseigner le public. On s’informait de l’accident, on en craignait les conséquences on voulait savoir quand le Lafayette arriverait. “Onze heures” répondait-on. Puis ce fut trois heures, ce fut sept heures et demie, enfin dix heures et demie.

L’arrivée du Lafayette à Québec

Le paquebot accosta à onze heures et quart au quai du hangar 18, à Québec.

Malgré la pluie il y avait foule parmi laquelle on remarquait plusieurs figures bien connues.

Aucune panique

-”La plupart des passagers n’ont eu connaissance de rien”, dit M. Antonio Labelle, représentant de la “Transat” à Montréal, il y avait eu soirée de gala hier, on s’était couché très tard; alors vous pensez bien qu’à cinq heures”.

Le Lafayette intact

- “Est-ce que votre paquebot a été endommagé dans la collision”? demandèrent les journalistes au commissaire de bord.

- “D’un côté de la proue, la peinture a été enlevée. De l’autre, un trou d’un demi-mètre de superficie, à trois mètres soixante (douze pieds) de la ligne de flottaison.

Un artiste à bord

Une rencontre inattendue: mademoiselle Antoinette Giroux, la grande artiste montréalaise.

- La tragédie ne vous a pas effrayée?
- Je ne l’ai apprise qu’au milieu de l’avant-midi.
_ Alors vous avez fait un beau voyage?
- Comme tout le monde.

Récit d’une passagère du Lafayette

Mademoiselle Hélène Beaudet, de Montréal, sœur du Docteur Eugène Beaudet, de Thetford Mines, a fait la croisière en compagnie de mademoiselle Anne-Marie Bouchard.

- Vous avez eu connaissance de la collision ce matin?

- J’étais éveillée depuis quelques minutes. J’ai entendu un choc, mais rien de terrible. Nous avons pensé: on a jeté l’ancre à la Pointe-au-Père, pour recevoir le pilote. Comme le paquebot ne bougeait plus, un peu inquiète je me suis rendue sur le pont. Déjà les garçons du bord balayaient et il y avait plusieurs passagers appuyés au bastingage. La brume était si épaisse qu’il était impossible d’apercevoir le Benmaple. J’ai quand même été témoin du sauvetage c’est-à-dire que j’ai vu arriver les blessés et les autres membres de l’équipage. Beaucoup de passagers du Lafayette n’ont eu connaissance de rien.

Assistance à la messe

“Il n’y a pas eu la moindre panique”, dit Mlle Beaudet, “mais les prêtres qui célébraient leur messe ont dû être surpris de voir que l’assistance était plus nombreuse que d’habitude. Toute la journée, il a régné une certaine anxiété sur les ponts. Le Lafayette stoppait on n’avançait qu’à une couple de nœuds à l’heure. Nous nous demandions donc si on ne nous cachait pas quelque chose”.

Texte publié dans l’Événement, le 3 septembre 1936



Mai 1938: Le LAFAYETTE est en flammes... l'ombre de la guerre est déjà sur Le Havre

Le 4 Mai 1938, le paquebot LAFAYETTE, traditionnellement affecté à la ligne Le Havre - New York, est dans la forme de radoub n°7 pour carénage.

Le-Havre-copie-2.jpgVers 21h00, au moment de l'allumage d'une chaudière auxiliaire une étincelle se produit et communique le feu à une nappe de mazout. Celui-ci se propage rapidement à une caisse de combustible toute proche. Les pompiers du bord, aidés des Pompiers de la Compagnie Générale Transatlantique dirigés par Mr Lambert combattent l'incendie.

L'incendie prenant des proportions, on fait appel aux Pompiers du Havre sous les ordres du Commandant Dumont. Par malheur , des appels d'air donnent de la vigueur aux flammes qui trouvent un aliment de choix dans les boiseries et atteignent d'abord les compartiments avant, puis ceux arrière, sous le pont promenade.

 

incendie.jpgVers 23h00 une immense flamme jaillit au centre du navire presque sous la cheminée: il y'a danger pour les sauveteurs ... La passerelle arrière leur est inaccessible, on lance des échelles de corde mais trop courtes. On sauve un groupe d'hommes avec des échelles à coulisse du fond de la forme de radoub.

Minuit, une passerelle est mise en place à l'avant, on évacue le navire. Il était temps, plusieurs explosions dues aux différents bacs de mazout atteints par les flammes se produisent. En quelques minutes, tout le navire n'est qu'un immense brasier, on récupère une partie du matériel d'incendie... "les tripes font mal, on est impuissant, c'est le feu qui gagne..." Pompiers et marins ont les larmes aux yeux.

incendie-4.jpg2h00 du matin, les bateaux-pompes du Port Autonome du Havre sont là pour éviter toute extension du feu. L'appel du personnel du navire ainsi que des éventuels ouvriers permet de croire qu'il n'y a pas de victime.

2h30 du matin, le mat avant s'écroule dans un fracas terrible avec des gerbes d'étincelles. A 3h00, reprise des explosions, ce sont des bouteilles d'oxygène qui sautent, les lances grande-puissance arrosent la carcasse depuis le bord de la Forme 7.

Au petit matin, le feu à diminué d'intensité, il y'a moins de flammes, mais une immense colonne du fumée monte au dessus du navire.

incendie-5.jpg1300 tonnes de mazout sont dans les soutes du navire: pour protéger les installations de la grande forme de radoub, on la met en eau sur une hauteur de 4 mètres, comme celà la coque est réfrigérée et le bateau ne flotte pas. Les remorqueurs de la Transat, "TITAN", "URSUS" et "MINOTAURE" sont prêts à toute éventualité. ILE DE FRANCE à été déhalé par mesure de sécurité.

Le 6 Mai 1938 au matin, l'incendie n'est pas encore totalement maîtrisé, la carcasse refroidit progressivement et les pompiers descendent de plus en plus bas dans le grand squelette.

LAFAYETTE-INCENDIE.jpgDans le milieu de l'après midi, le feu est éteint. Le 26 Mai, le LAFAYETTE est conduit au quai de 175 mètres: Le déhâlage à des allures de cérémonie funèbre devant une foule immense.

L'incendie à fait une victime. Vers les couchettes métalliques les ouvriers ont retrouvé quelques vertèbres, une boîte crânienne et un morceau de tibia... on ne saura jamais qui à péri dans l'incendie.

La carcasse du grand paquebot sera ensuite conduite à Rotterdam pour y être découpée.

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Par Papère - Publié dans : histoire de marins - Communauté : vies de marins
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